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Konba kok, la tradition - Combat de coq aux antilles

Le combat de coqs est aux Antilles ce que la corrida est au sud-ouest de la France. Un sport, un loisir, décrié, applaudi, légiféré. Une tradition !

1 juillet 2019

C’est d’ailleurs parce que c’est une tradition locale ininterrompue que le Code Pénal l’autorise encore à la Martinique, à la Guadeloupe, en Guyane, à la Réunion, à la Polynésie et dans les Hauts de France. En revanche, un autre article, le 521-1 du même code pénal stipule : « Interdiction de créer de nouveaux gallodromes». L’amende prévue pour les gallodromes non permis est de 30 000 euros, assortie d’une peine de prison ferme. De quoi réfléchir ! 

Gallodrome

Aux Antilles, le gallodrome se nomme Pitt. Une petite vingtaine survit encore à la Martinique. Souvent géré de père en fils, de moins en moins intéressant économiquement, plus de cent quarante pitts ont fermé leurs portes et rendu les gallinacées à leur basse-cour. 

Le combat de coq est ancestral, venant d’Asie, où il se pratique toujours d’ailleurs. Loisir aimé des grecs et des romains, il a conquis le monde. La Grande-Bretagne, l’Irlande, l’Espagne, la Belgique flamande se réunissaient autour des arènes, ou pit, comme fosse en anglais, pour voir se battre deux coqs en en profitaient pour parler politique. Les anglais l’importèrent aux États-Unis, les portugais au Brésil, les espagnols en Amérique latine et aux Antilles. 

Le coq, emblème de la France, ressemble à l’homme. Il marche sur ses deux pattes, protège les siens, voire les siennes, porte fièrement et défend son territoire. Certains disent même que les combats furent organisés pour régler des problèmes entre deux hommes, sans que ceux-ci n’aient à souffrir. Chacun lançait son coq, une sorte de prolongation de lui-même, à l’assaut de son opposant. 

Comment entrainer un coq de combat ?

Le coqueleur, ou entraineur du coq, choisit ses coqs. Dès leur naissance, les poussins mâles sont mis de côté, cinq mois plus tard, ils sont définitivement hors de la volière commune et ensuite, isolés afin qu’ils ne se battent pas les uns avec les autres. Le coq est instinctivement bagarreur. Ils sont considérés comme des athlètes de haut niveau, ayant, entre autres, une alimentation soignée. Le coqueleur les entraînent au combat, les muscles, les fait courir. Il les masse aussi ! Chaque matin, le coq se baigne puis, se sèche au soleil avant que d’être massé par son coqueleur avec un baume à base de rhum. Vers huit mois, le coq combat pour la première fois, afin de voir si le coqueleur peut faire de lui un champion. Deuxième combat d’entrainement quelques deux mois plus tard, et ainsi de suite, de plus en plus, jusqu’au premier combat officiel. Lors de ces entrainements, tout est passé au crible du professionnel. Pendant ces combats, les ergots sont protégés pour qu’ils ne se blessent pas. Inutile d’entrainer des champions et de les donner en pâture ! 

Il y a trois sortes de coqs de combat à la Martinique : coq Bankiva ou « gros-sirop », rouge foncé, le coq cendré aux plumes blanches et noires, le madras, orangé. Selon ses victoires, un coq peut se vendre jusqu’à 10 000 euros. 

Et il y a trois sortes de combats : vitesse, endurance et un mix des deux. Les premiers récompensent le coq, armé d’un ergot d’acier, qui frappe en premier. Généralement, ceux-ci ne durent que quelques minutes, le temps pour l’un des adversaires de voleter au-dessus de l’autre coq et de le blesser. Les combats d’endurance sont plutôt comme des combats de boxe. L’ergot est recouvert de tissu ou coupé. Si l’adversaire tombe KO ou recule deux fois, l’autre animal a gagné. La troisième sorte de combat se fait à l’ergot naturel. Le coq peut faire mal et doit durer le plus longtemps possible. Remarquons qu’à la Martinique, le combat n’a pas comme issue la mort de l’un des deux coqs. En revanche, il permet aux parieurs de perdre et de gagner 

Le coq de combat pèse entre 1 et 6 kilos. Bien sûr, comme en boxe, il se bat contre des adversaires de son poids. Parfois, le coqueleur toilette les plumes afin de lui faire gagner les quelques grammes qui feront de lui le roi de sa catégorie. 

Bien sûr, le combat de coq, bien que légiféré depuis 31 juillet 2015, a, comme la corrida, ses opposants. Les pratiques d’élevage, le combat en lui-même, la coupe des ergots, et toutes les autres dérives sont mis en exergue par les défenseurs des animaux. Ils dénoncent aussi les conditions mêmes du combat : autour de l’arène, se réunissent spectateurs, parieurs et curieux. L’ambiance est vite surchauffée, les lumières vives, le bruit intense. Le coq se retrouve ainsi dans un univers inconnu, stressant, face à un de ses congénères. La corticostérone est une hormone que humains et volatiles ont. Si chez les premiers, elles n’a que peu d’impact sur le comportement, quoique, en revanche, chez les coqs, elle a une influence majeure sur l’agressivité. L’arrivée dans un endroit inconnu, bruyant, très éclairé, fait grimper son stress, entrainant une forte sécrétion de corticostérone et par là même, son envie, son besoin de se battre. 

L’avenir des combats de coq ? Entre les associations de défense de la condition animale qui se font entendre de plus en plus et l’aspect économique de la profession qui tend, lui, à s’amoindrir… On peut penser que le temps des combats de coqs sera bientôt terminé. Ceci dit, mieux vaut des pitts officiels, respectant les règles que des combats sauvages où l’intérêt pour le gallinacée ne sera que financier. 

 Nos Clichés ont étés pris par @greeneyes à St pierre au pitt MAlgré tout'

Coq de combat - Coq djem - Guadeloupe MArtinique
Pitt St Pierre